Après un an de mission au Mali, Pauline Dupont, membre de l’équipe Pesinet nous quitte pour de nouvelles aventures. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours et nous livre un retour d’expériences sur ce qu’elle a vécu et réalisé sur le terrain bamakois.
Avant Pesinet, j’ai travaillé durant 2 ans au sein d’un centre de promotion de la santé dans un quartier de la ville d’Aubervilliers, en banlieue parisienne. C’est une initiative lancée par le service d’hygiène et de santé municipal. Mes missions étaient polyvalentes : j’assurais la coordination administrative et financière de la structure pour mener à bien des actions de prévention santé auprès des habitants du quartier, des élèves du collège, etc. Ma mission comportait également un volet d’accueil de la population, d’écoute et d’orientation. Beaucoup des habitants de ce quartier sont d’origine malienne, j’ai donc commencé par connaître les maliens en France !
Après Aubervilliers, j’ai eu envie d’autre chose, de sortir du salariat « classique » et de connaître d’autres expériences. J’ai pris le temps de voyager en France, à l’étranger, et je me suis tournée vers les organismes de coopération pour trouver une mission professionnelle – très probablement dans un pays africain, je m’en doutais ! Je ne connaissais pas l’Afrique avant, mais je crois que j’ai toujours voulu la connaître ! J’ai donc candidaté de façon spontanée auprès du CEFODE (Coopération et Formation au Développement – Organisation de Solidarité Internationale), qui venait juste de recevoir une demande de Pesinet pour un poste de volontaire sur la coordination du programme…. Tout s’est alors enchaîné rapidement, j’ai été recrutée en Juillet 2010 par Anne et j’ai posé mes valises en septembre à Bamako.
Quant à mes études, après le Bac et un peu de lettres modernes, j’ai suivi une formation professionnelle universitaire en travail social et obtenu une maîtrise en « Insertion et Développement social » à Paris 13. C’étaient des études pluridisciplinaires, mêlant sociologie, droit, géographie ou encore gestion de projets, dispensées tant par des universitaires que des professionnels. J’ai apprécié cette formation qui a conjugué pratique et réflexion !
Mes missions ont évolué au fur et à mesure que des changements importants ont été vécus sur le terrain et dans les équipes. Lorsque je suis arrivée en septembre, j’ai du suppléer le superviseur qui venait juste de partir. J’ai pu remettre à plat un certain nombre d’outils de gestion du programme, redéfinir les missions et procédures du poste et revoir les objectifs des actions. C’est en décembre que j’ai procédé au recrutement et à la formation du nouveau superviseur, puis je me suis concentrée sur l’ouverture du programme sur deux autres centres de santé de Bamako.
J’ai dû apprendre à respecter les règles locales et les étapes pour partir sur de bonnes bases. J’ai dû m’adapter à évoluer dans des principes hiérarchiques très définis et adopter une « temporalité » radicalement différente de celle que je connaissais en France : ce n’est pas à la première réunion avec un partenaire que vous pouvez prétendre mettre en œuvre votre projet ; il faut discuter avec toutes les parties prenantes, se faire apprécier, suivre des étapes précises pour ne pas tout remettre en question ; il faut faire ses preuves pour être acceptée et suivie.
Notre travail, nos actions et notre expertise technique sont évidemment reconnus pour leurs résultats concrets mais il faut aussi s’engager dans la vie locale et savoir donner le temps nécessaire pour se faire accepter sur le long terme ! Aujourd’hui, les projets de développement sont en bonne voie de réalisation, je pense -et j’espère- que les actions pourront débuter dès septembre !
Avec Pesinet, j’ai pu concrètement m’aguerrir à la gestion de projet et des équipes. Comme la structure est assez légère, chaque membre est vraiment responsable de ses actions et de leurs résultats. Par contre, n’étant pas malienne et ne parlant pas la langue, mon implication et mon investissement dans les actions de terrain étaient moins intimes, moins personnels, ce qui m’a un peu manqué. Enfin, je vais bien sûr garder d’excellents souvenirs de l’ambiance professionnelle et amicale de l’équipe Pesinet qui est incroyablement soudée et engagée !